Lors de mon dernier billet sur la gratitude, une amie m’a écrit ceci : « Ce que tu écris est magnifique ! Ce serais avec grand plaisir que j’écrirais quelque chose en lien avec la résilience … La résilience de vivre autrement, d’apprendre à cohabiter dans son propre corps avec un ennemi invisible pour l’autre mais tellement tangible et envahissant pour moi ! » J’ai été très émue par son message et avec plaisir ce soir, je vous partage le texte de mon amie Valérie, qui nous ouvre une part de son âme! Gratitude pour ce partage intime ma belle amie xx
« Pour chaque mort, il y a une naissance
Mais aïeuls, m’ont souvent dit cet adage: « À chaque mort, vient une naissance! »J’y crois, j’y ai toujours cru… Avec le temps, cet adage a pris un nouveau sens pour moi… Vieillir, vivre, s’assagir m’a porté à réfléchir et à me demander …. et si la naissance venais de l’intérieur?
Laissez-moi vous raconter…
Octobre 2017, je porte la vie et c’est la dernière fois que mon ventre sera la maison d’un amour inconditionnel. Le 17 du même mois, mon petit parfait arrive enfin pour nous combler de joie. La fin d’un cycle survient pour laisser place au quotidien.
Les jours de bonheur et… de fatigue se succèdent… Le tourbillon du quotidien nous engouffrent, tout en nous enlaçant d’amour dans notre cocon.
Tranquillement, tout doucement, au même moment, celle que j’appelle « l’envahisseuse » s’installe… Elle fait ses barricades, monte sa forteresse en silence…comme l’ennemi tapi dans un coin qui attend le bon moment pour crier: « à l’attaque !! »
La fatigue prend plus de place dans mon corps, dans ma tête… De plus en plus, j’ai l’impression que la peau de mon corps est trop petite pour mon squelette. Le bébé me réveil la nuit, et elle aussi… Elle m’envahit, me bombarde de douleur qui de plus en plus ce mélange à l’incompréhension. Pendant que je cherche à comprendre, celle-ci gagne du terrain dans mon corps, dans ma tête, dans ma peau, dans mes os…
Suis-je folle?
Je ne me comprends plus, je ne me reconnais plus. Pendant plusieurs mois, à mon insu « l’envahisseuse » à monter mes soldats, ma propre armée contre moi….
Novembre 2018, j’ai enfin un rendez-vous avec une spécialiste des maux…Après quelques minutes seulement, celle-ci donne un nom à « l’envahisseuse » , on la nomme comme un enfant à sa naissance… : Arthrite… Je sais enfin qui est la responsable de mon déclin physique et morale…celle qui a des répercussions dans toutes les sphères de ma vie. Elle s’est installée insidieusement et, en très peu de temps a réussi à faire beaucoup de ravage … Comme un raz-de-marée.
Le combat commence… je l’attaque en avalant des bombes et en m’injectant des armes nucléaires… ce combat entraîne un long processus d’acceptation/d’adaptation, de résilience, de découragements/d’encouragements…les montagnes russes… je devais accepter, et comprendre qu’à partir de maintenant plus rien ne serais comme avant.
Arthrite n’a pas que changé mon corps…Elle a changé ma vision de la vie, ma perception de moi, de mes capacités, de mes besoins, de mes envies… avec le temps: les embûches, les défaites et les victoires m’ont donné une force… Puisque, malgré toute la noirceur qu’elle a pu apporter, elle a su m’obliger à me donner un second souffle, me forcer à mieux me découvrir et me permettre de comprendre que tous et toutes peu importe qui nous sommes et ce que nous avons….Nous sommes LA personne la plus importante de NOTRE VIE. Le cycle de la vie est ainsi fait ….un jour nos parents nous quitteront, nos enfants voleront de leurs propres ailes, et il ne restera que nous avec nous même… seul ou à deux … on se doit de s’aimer suffisamment pour se respecter et se placer dans nos priorités.
Malgré qu’entre « l’envahisseuse » et moi, les rapports sont houleux, elle m’a permis de renaître…. Parce qu’à chaque mort, il y a une naissance…. »
-Valérie Albert
« Je suis le maître de mon destin. Je suis le capitaine de mon âme. »
Tiré de « Invictus », poème préféré de Nelson Mandela
