Aimons-nous vivant !


Plus d’un an que remonte mon dernier billet !

Pour être honnête, je ne savais pas comment enchaîner les mots … Entre le dernier texte qui reposait sur le cheminement intérieur à la suite du départ de Papa, ce texte qui expliquait qu’après un tour entier de la Terre autour du soleil complété, la vie reprenait doucement son cours malgré cette cicatrice vive, et le fait que ma famille et moi, étions encore une fois confronté, au départ d’un autre membre de l’équipage Sirois : ma tante Johanne.

Comme mon blog se veut porteur d’espoir et que mes écrits durant cette période étaient plutôt un exécutoire de ma colère, il valait mieux
que je prenne une pause. Sous la colère, se cache la tristesse, donc encore une fois, il fallait laisser s’écouler les secondes qui se transformeraient doucement en minutes, heures, jours, semaines et mois curatifs à cette douleur.

Nous voilà donc … un an plus tard !

Cette fois, mon inspiration pour cet écrit m’est venu à la suite du spectacle, qui passera assurément à l’histoire, des Cowboys Fringuant au
Festival d’été de Québec le 18 juillet dernier. Vous savez ce spectacle qui a fait couler tant d’encre le lendemain et dont tout le monde parlait. Celui dans lequel le chanteur Karl Tremblay, atteint du cancer de la prostate, a offert sa présence vibrante de volonté hors norme à profiter de chaque instant, et en même temps, en toute humilité une présence au diapason de la réalité qui l’habite. C’est-à-dire, la fatigue et la vulnérabilité du combattant. Pas de tout repos, être un soldat dans son propre corps ! La réponse du public à cela, fut fortement émouvante ! Quel élan de soutien il a reçu : l’empathie, l’amour, le réconfort, tout était abondant, puissant ! Et le tout s’est multiplié de manière exponentielle le lendemain lors de la diffusion de ce moment épique et unique sur les réseaux sociaux !

Dans les journées qui suivirent, on ne parlait que des Cowboys! Collectivement, on prenait conscience de la grandeur de leur œuvre musicale : un groupe qui existe depuis un quart de siècle, qui arrive à réunir les différentes générations avec ses textes engagés, remplis d’humanité et de gros bon sens, qui nous donne envie de s’entraider et d’être des humains plus consciencieux. Collectivement, on était secoué d’avoir été témoin des conséquences de la maladie sur le chanteur. En étant témoin de la réalité sans masque ni façade, on a collectivement pris conscience du risque de les perdre.

Cela m’a amené vers cette réflexion : l’humain est drôlement fait quand
on y pense. On louange nos disparus, on pleure leur absence. Mais pourquoi attendre que nos précieux partent pour leur témoigner tout l’amour que nous leur portons ? Pourquoi ne pas scander tout cela dans le moment où ils sont brûlant de vitalité et non lorsque lorsqu’ils sont éteints pour l’éternité ?  Alors voilà ma suggestion : aimons-nous vivant!

S’aimer vivant, c’est être capable de nommer à nos proches le bien que nous procure leur présence. C’est de leur exprimer les qualités que nous leur portons et ce qui nous inspire d’eux. C’est de leur donner de notre temps, dans la mesure du possible à travers le rythme de la vie, que ce soit un texto, un appel, un mot, un café, divers moyens possibles pour témoigner notre affection. C’est être capable de leur dire : je t’aime, tu es important pour moi, et ce, malgré les différents qu’il peut se produire. Car la vie est ainsi, les relations humaines impliquent des hauts et des bas par moment.

S’aimer vivant, c’est laisser toutes ces vibrations d’amour témoignées se
multiplier par leur résonnance de celui ou celle qui le reçoit.

On pourra toujours dire que la vie va trop vite, que l’on manque de temps,
mais à mon sens le seul moyen de ne pas avoir de regret quand la vie transforme nos proches en des étoiles filantes, c’est de nous aimer vivant!

À bientôt,

Marie-Ève À Roberge


Une réponse à “Aimons-nous vivant !”

  1. Très beau ,message….ayant connu un deuil récemment…..c’est pas facile..
    Vraie,de se dire et apprécié à l’entourage,pendant que l’on est vivant…😘

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