Je suis à ce que statistiquement, on pourrait dire, au milieu de ma vie.
Cette période dans laquelle on remet beaucoup de choses en perspective. La période que certains appellent la crise existentielle, ou alors la crise de la quarantaine. Pour ma part, j’ai pris de l’avance, bien involontairement, sur cette phase. J’ai réglé la majorité de ces interrogations internes dans la trentaine. En effet, c’est durant cette dizaine que de nombreuses remises en question se sont manifestées : du trafic mental, il y en a eu ! Qui suis-je véritablement ? Quelles sont mes passions ? Quelles sont mes missions de vie ? Comment croire en moi autant que je crois en les autres ? Comment accepter mon Être tel qu’il est dans son unicité ? Comment avoir la paix d’esprit et cesser de me questionner (paradoxe !) ? Suis à la bonne place ? Est-ce que je fais le bon choix ? Devrais-je changer de choix ? Tout cela, n’est qu’une infime partie des interrogations qui m’habitait. Je me rappelle, certaines de mes amies me disaient que je pensais trop. Avec le temps, je réalise que ce n’était pas un défaut, mais une nécessité pour me rapprocher de mon essence profonde. J’étais, de manière naturelle, constamment en train de philosopher sur ce besoin intense de mutation interne. À mon sens, le questionnement, est le témoin d’un besoin d’ajustement, et il est aussi, selon moi, l’allié de notre évolution personnelle. Réfléchir et cogiter mentalement, c’est être en mouvement, être en transformation.
Un voyage intérieur, ambassadeur d’une ouverture à vouloir devenir une meilleure version de soi-même, pour Soi et les Autres. Certes, c’est un processus énergivore, mais si riche et essentiel pour une vie sereine.
Je trouve dommage et triste lorsque je vois des gens subir leur vie. Surtout lorsque cela est causé par manque de ressources, cela me remplit de tristesse et de compassion. D’autres la subissent avec un discours de victimisation du genre : ce n’est pas de ma faute, c’est celle de mes parents, ou encore celle de la société, bref toujours la faute des autres! Dans ces moments, j’ai un peu plus de difficulté à m’attendrir. Sans vouloir juger, j’aimerais tout de même que dans ces cas, ces personnes réalisent que le pouvoir de leur vie est entre leurs mains !
Des épreuves, tout le monde en a. La proportion est différente pour chacun, mais personne n’est épargné. Il est vrai que certains l’ont clairement plus dur que l’autre.
Je considère faire partie des privilégiés. Des obstacles oui, j’en ai eu, mais le niveau de souffrance à laquelle j’ai été exposée jusqu’à maintenant, m’ont fait grandir et je suis loin d’être la plus malmenée par la vie et je lui en remercie.
Je ne sais pas si c’est l’effet des aurores boréales de la dernière semaine, mais il y a quelque chose à l’intérieur de moi qui a envie de crier ma satisfaction, ma joie et ma reconnaissance d’être à la bonne place au bon moment : ENFIN ! Sans questionnements, bien point !
Ça doit être un des avantages d’avoir maintenant des cheveux blancs sur ma tête : avoir cumulé assez d’expérience pour apprécier le chemin parcouru et apprécier ce qu’il en est dans le moment présent. L’expérience acquise, la connaissance de soi, l’acception de soi, permettent de faire muter notre perception de la vie positivement.
Aujourd’hui, je suis complètement épanouie et il y a trois ans, j’étais dans un tourbillon, dans le dernier droit de Vie de mon père, me demandant comment j’allais pouvoir sourire et être entièrement bien à nouveau après le départ de mon Humain Préféré. Aujourd’hui, je le suis avec apaisement, sérénité et complètement comblé.
J’arrive même à apprécier les petits bonus nocturnes, que Morphée me livre : un rêve où mon père me rend visite. Quand cela m’arrive, je me réveille entièrement reconnaissante de l’avoir vu et de l’avoir étreint. La cohabitation avec l’invisible, c’est libérateur et extraordinaire !
Mais pour cela, ça prend du temps, de la patience et il faut croire en notre capacité de pouvoir évoluer tout comme avoir la volonté d’avancer ! La force de traverser des montagnes russes émotionnelles. Le courage de circuler sur un chemin tumultueux, vertigineux. Traverser nos peines et nos démons, pour moi, après l’avoir fait, c’est comme entrer volontairement dans un gigantesque labyrinthe les yeux couverts d’un bandeau, sans savoir combien de temps nous y seront avant de trouver LA sortie. Pas celle qui te fait croire être libre, la vraie, celle qui te procure cette sérénité intérieure dont il est impossible de douter de son authenticité.
Aujourd’hui, je me sens complètement sur mon X, dans toutes les sphères de ma vie. Et je suis convaincue que les épreuves que j’ai dû traverser furent nécessaires pour en arriver là où je suis.
Je fais le vœu profond que chaque personne qui en ce moment, traverse une sombre période de leur vie, laisse une petite ouverture de croire en la possibilité d’être heureux à nouveau.
Et toi, tu en es ou en ce moment ? Dans un inconfort de vie ? Dans une période d’insatisfaction constante ? C’est peut-être le temps de faire un espace à ces résonances et entrer dans un mode d’introspection. J’aime bien ce proverbe – dont j’ignore la provenance qui dit : ‘’ Si tu n’es pas bien à l’endroit où tu es, bouge, tu n’es pas un arbre. ’’ Tu es peut-être au niveau de la pleine transformation – consciemment ou non – d’un alignement interne ? Ou encore, comme moi, à l’aboutissement de cette mutation, entièrement sur ton ‘’ X’’ ?
Quoi qu’il en soit, je te souhaite du bonheur, de la quiétude et de l’espoir.
