Le deuil : empreinte digitale du cœur


Qui n’a pas déjà entendu ces adages : tout vient à point à qui sait attendre ou encore avec le temps et de la patience, on vient à bout de tout ?

Dans notre culture, le dur labeur et la patience sont valorisés pour accomplir les études, la carrière, l’apprentissage d’une discipline quelconque, mais là où ça se complexifie, c’est lorsqu’il s’agit d’une souffrance psychique, d’un mal invisible. Diverses campagnes de sensibilisation de la santé mentale tentent de défaire ce tabou encore aujourd’hui : oui, la douleur peut être invisible, et elle peut prendre du temps à se réparer. La pandémie aura mis au défi bon nombre de personnes à une détresse mentale, ceci dit, en contrepartie, elle aura sensibilisé la société à sa présence plus fréquente que l’on croyait.

Il y a de fortes probabilités que vous qui me lisez, ayez déjà expérimenté le deuil. Que ce soit par le décès d’un proche, la perte d’une capacité physique temporaire ou permanente, la perte d’un emploi, ou encore la fin d’une relation amoureuse ou amicale. Parce que oui, un deuil ça peut être tout cela. Le deuil, c’est le processus lourd et intense qui débute suite à une perte, et on dit que son intensité est corrélationnelle au degré d’attachement de cette dite perte.

La traversé d’un deuil, c’est très intime et complexe. Un cocktail d’émotions nous habite et impossible de les prévoir. Les émotions à fleurs de peau se mutent par le biais d’une pensée, d’un souvenir, d’une rencontre avec une personne, bref change subitement sans avertir! Tout se vit dans le présent avec une intensité qui peut être à certains moments, complètement déstabilisante. Vivre un deuil, c’est comme avoir une écharde sous le pied. Il y a une douleur réelle, présente, accaparante que seule la personne concernée peut évaluer. Une douleur discrète, cachée dans un lieu que personne ne peut voir à moins que volontairement, nous l’exposions.

Pour ma part, même si j’ai déjà, plus d’une fois expérimenter le deuil de manière brutale avec entre autres, le départ de ma mère il y a treize ans. Le lien unique, profond et si solide qui m’unissait à mon père me fait vivre un deuil complètement différent !

Pour persévérer dans ce labyrinthe de douleur, j’ai besoin d’ancrage et de balises inspirantes. Se référer à des gens qui ont surmonté l’impossible devient source de courage et de réconfort.
Celle qui m’accompagne plus souvent en ce moment dans mes pensées est ma précieuse Grand-maman Laurette : la mère de mon père. Elle a vécu 20 ans de sa vie sous les conséquences d’un grave AVC. Les médecins ne croyaient pas qu’elle remarcherait, pourtant, elle l’a fait ! Elle avait à cette époque, 1 % de chance de survie ! Avec une telle détermination, elle a survécu et le plus impressionnant dans tout cela, c’est que JAMAIS je n’ai entendu ma grand-mère se plaindre d’avoir perdu son autonomie, sa liberté de mouvement, sa capacité à parler. Sa vie a basculé du jour au lendemain, et à travers son deuil d’une femme en santé, travaillante comme pas une, et libre, elle avait choisi de vivre dans la reconnaissance de ce qui lui restait et de savourer sa chance de pouvoir rester chez elle malgré sa condition et ainsi voir ses enfants et petits-enfants régulièrement.

N’est-ce pas inspirant ? N’est-ce pas là une leçon de vie énorme ?  J’ai ce sang-là dans mes veines qui coule : quelle fierté ! Ma grand-mère a donné du temps au temps, elle l’a pris comme il passait. Avec ses journées nuageuses et ensoleillées. Je fais pareil, je laisse le temps arranger les choses. Et je ne me bats pas quand il fait une tempête dans mon cœur, j’observe et j’accueille ce qui se vit.

La seule manière de se sortir d’un deuil, c’est de donner du temps au temps malgré cette écharde sur le cœur ! Cohabiter avec cette douleur, en continuant dans la mesure du possible à voir le beau autour de nous. Peu importe ce qu’en pensent les gens, peu importe où selon eux, tu devrais être rendu dans ton processus. Il n’y a que toi et ton cœur qui savez.

Et toi, qui t’inspires à poursuivre ta route jour après jour malgré les épreuves ?


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